Mécanismes infectieux et contrôle des zoonoses émergentes
Les zoonoses émergentes représentent une menace sanitaire majeure, particulièrement dans le Sud-Ouest de l’océan Indien. L’objectif est de mieux les comprendre, les anticiper et développer des mesures préventives et thérapeutiques innovantes.


Objectifs
Les zoonoses émergentes façonnent les crises sanitaires de demain. Dans le Sud-Ouest de l’Océan Indien, les épisodes d’émergence sont récurrents. Notre ambition est de comprendre pour mieux réagir, anticiper en accélérant l’acquisition de connaissances et en développant, en amont des émergences, des contremesures prophylactiques et biothérapeutiques innovantes.
Cette thématique associe recherche mécanistique et innovation anti-infectieuse. Nous décryptons les interactions moléculaires et cellulaires entre agents zoonotiques, hôtes humains et vecteurs invertébrés, en intégrant les déterminants de transmission et de pathogénicité dans un contexte de changements globaux. Cette approche permet d’orienter le développement de composés antimicrobiens naturels vers des cibles biologiques pertinentes, au niveau du pathogène comme de l’hôte.
Nos travaux couvrent un large spectre d’agents viraux et bactériens (leptospires pathogènes, Coronavirus et arbovirus : ZIKV, DENV, CHIKV,) et permettent de relier virulence, tropisme cellulaire et tissulaire, dynamique réplicative et sévérité des manifestations cliniques.

Approches
Nous mobilisons un ensemble de modèles expérimentaux et d’approches complémentaires : clones infectieux et génétique inverse, isolats cliniques régionaux et cohortes hospitalières, lignées cellulaires humaines, modèles in vivo vertébrés et invertébrés. Cette démarche intégrative permet d’identifier les déterminants de virulence, les mécanismes d’adaptation impliqués dans les changements hôtes, les stratégies d’échappement immunitaire et les reprogrammations métaboliques conditionnant l’issue de l’infection. La pharmacognosie constitue un pilier structurant. Nous explorons la biodiversité végétale du sud-ouest de l’océan Indien et de l’Indopacifique comme réservoir de molécules bioactives. En combinant chémoinformatique et criblages in vitro et in vivo, nous identifions des composés antiviraux et antibactériens ciblant le pathogène et/ou l’hôte, en vue de leur valorisation et transfert.
Plusieurs types de lignées cellulaires en culture sont utilisés en routine, d’une part, pour caractériser les interactions de l’agent infectieux avec son hôte et d’autre part, pour identifier les voies du métabolisme qui sont affectées par l’infection. In vivo, nous développons actuellement un nouveau modèle d’infection virale basé sur l’utilisation de Drosophila comme hôte avec l’intestin de l’invertébré comme tissu cible de l’agent infectieux. Nous disposerons prochainement d’une plateforme de criblage à haut-débit pour la recherche de substances naturelles actives contre les virus d’intérêt médical. L’isolement et la caractérisation des molécules antivirales à partir des extraits de plantes est réalisée via une approche pluridisciplinaire à l’interface de la phytochimie, la virologie et la chémoinformatique (réseaux moléculaires).

