Éco-épidémiologie des agents infectieux dans les écosystèmes insulaires
Mieux comprendre les déterminants écologiques et évolutifs de la circulation des agents infectieux dans les écosystèmes insulaires du sud-ouest de l’océan Indien



Objectifs
Cet axe vise à mieux comprendre les déterminants écologiques et évolutifs de la circulation des agents infectieux dans les écosystèmes insulaires du sud-ouest de l’océan Indien. La localisation de La Réunion, au sein d’une zone d’émergence, permet de développer des suivis à long terme afin de décrypter les cycles naturels d’infection, d’identifier les conditions favorables aux émergences et d’évaluer les risques zoonotiques. Les recherches portent en particulier sur les interactions entre réservoirs vertébrés, vecteurs arthropodes et pathogènes, ainsi que sur l’impact des changements globaux sur les dynamiques infectieuses.


Approches
Les travaux reposent sur des suivis de terrain intégrés ciblant chauves-souris, petits mammifères, oiseaux et arthropodes hématophages (e.g. moustiques, tiques, puces). Les agents étudiés incluent des virus à fort potentiel zoonotique (Coronavirus, Paramyxovirus, Influenza, etc.) ainsi que des bactéries zoonotiques (Leptospira spp., Yersinia pestis). Des dispositifs expérimentaux, notamment la plateforme PLATIN-OI, permettent d’évaluer la capacité de transmission des arbovirus endémiques ou émergents. L’ensemble s’appuie sur des approches de métagénomique, transcriptomique, phylodynamique et de modélisation spatio-temporelle afin de mieux comprendre l’écologie des réservoirs et vecteurs d’agents zoonotiques, de mesurer notamment les effets de l’urbanisation, des changements climatiques, de l’introduction d’espèces exotiques sur les transmissions zoonotiques, et d’identifier des échanges d’agents infectieux entre espèces à l’interface animal-humain.
Focus multi-agents infectieux
Nos modèles d’étude privilégiés incluent plusieurs agents infectieux d’intérêt médical pour l’homme, dont des arbovirus (Dengue, Chikungunya, Zika), et des virus influenza, paramyxovirus et coronavirus (dont SARS-COV-2). Nous étudions également les bactéries leptospires, Yersinia, Bartonella et Rickettsia, ainsi que des bactéries multi-résistantes aux antibiotiques. Les banques d’échantillons sont analysées sur place, à La Réunion, grâce à des laboratoires de biosécurité niveau 2 et 3 et des outils de biologie moléculaire, sérologie, virologie et de séquençage. Des infections expérimentales nous permettent également de mesurer la compétence vectorielle des moustiques, ou encore la spécificité d’hôte et la virulence des agents infectieux.

